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                  Hétérosexisme
 

__________________après Québec, l'étude se poursuit en Laponie finlandaise ___________________

 

L’hétérosexisme est omniprésent dans toutes les sphères de la société occidentale.  Ses impacts sont d’autant plus importants qu’ils passent souvent inaperçus – du moins, pour ceux et celles qui n'en font pas les frais. 

 

L’hétérosexisme est une croyance selon laquelle le seul type de comportement sexuel naturel, moral et donc acceptable, est celui que doivent entretenir un homme et une femme.  

 

Il ne faut pas confondre l’hétérosexisme avec l’hétérocentrisme qui désigne le fait de croire que seule l’hétérosexualité est innée.

 

L’hétérosexisme est une sorte de philosophie qui adhère à la culture sans qu’on la voit.  Dans un premier temps, il contribue à faire la promotion d’une hiérarchie sociale entre les sexes fondée sur la croyance que le masculin est supérieur au féminin (notamment dans la gestion des relations hommes/femmes). 

 

Dans un second temps, l’hétérosexisme sert aussi à rejeter tous les individus dont le genre ne correspond pas aux normes sociales (garçon efféminé et fille masculine).  Comme le souligne Franklin (1998: 8), encouragés par différents facteurs culturels et sociaux les poussant à endosser une idéologie hétérosexiste, plusieurs personnes (les hommes en particulier) « s’assignent le rôle de gardiens des déviances sexuelles », ou de ce qu’ils considèrent – à tout le moins – comme une déviance. 

 

Tout individu qui ne se conforme pas à ces normes risque automatiquement d’être ridiculisés et malmenés.  On parlera ici d’homophobie – une aversion manifeste à l’égard non pas des homosexuel(le)s ou transsexuel(le)s mais de toute personne qui ne respecte pas l’ordre sexuel socialement et culturellement établi.  Le dénigrement de ces individus, s’effectue soit par

 

1)      le harcèlement verbal;

2)      l’intimidation physique;

3)      le rejet (moral et\ou physique).

 

Ces moyens d’intimidation servent d’avertissement pour ramener à l’ordre, c’est-à-dire, dans la voie de l’hétérosexualité, ceux et celles qui sont perçu(e)s hors des normes.  Se faisant, on réduit aussi l’hétérosexualité à un simple processus de reproduction, dépourvu de complémentarité affective entre les personnes.

 

Nos attitudes quant à la sexualité étant ancrées au plus profond de notre culture, via l’éducation reçue, tout changement social doit donc commencer par la base.  C’est à l’école, alors que l’enfant est à former sa pensée et son système de valeur, que l’on peut le mieux intervenir pour faire changer les attitudes.  L’école est aussi l’un des milieux les plus assujettis à l’hétérosexisme, sans que l’on s’en rende souvent compte.

           

En effet, la recherche sur le vécu des personnes homosexuel(le)s en milieu scolaire indique que l’école est plus souvent qu’autrement un environnement hostile pour elles (Harris 1997 : xxi).  Cela, que ces individus soient en âge ou non de comprendre et d’assumer leur orientation sexuelle.  Pour les jeunes en questionnement sur une homosexualité potentielle ou pour les jeunes qui sont associés à tort ou à raison à l’homosexualité, l’école n’est pas un milieu propice à l’épanouissement, mais plutôt à la crainte.  Les conséquences sur le développement psychologique et la santé physique de la personne ciblée par des attaques hétérosexistes et homophobes sont de plus en plus étudiées par les spécialistes.  Stress chronique, faible image de soi, dépendances et pensées suicidaires sont au rang des quelques problèmes dont héritent plusieurs jeunes homosexuels, lesbiennes, et transsexuel(le)s d’un système scolaire défaillant.

 

De plus en plus de chercheur(e)s et d’organismes se consacrent à changer les choses.  Alain A. Grenier est de ce nombre.  Depuis 2004, une partie de ses recherches sur les comportements extrêmes porte sur l’hétérosexisme en milieu scolaire.

 

Fort d’une étude menée pour le compte de G.R.I.S.-Québec et publiée sous le titre Jeunes, homosexualité et écoles, Alain A. Grenier poursuit depuis une seconde étude en deux volets.  Dans un premier temps, il travaille sur un ouvrage consacré au vécu scolaire des gais, lesbiennes et transsexuel(le)s.  Dans un second temps, il est à mettre en place une étude quantitative, dans des écoles de Laponie, en Finlande, afin d’y détecter des signes potentiels d’hétérosexisme, afin de faire prendre conscience au milieu de l’éducation, de l’importance de démystifier les comportements sociaux qui sont encore trop souvent dénigrés parce que simplement incompris.

 

 

 

Références :

 

Franklin, Karen (1998: 8) « Unassuming Motivations : Contextualizing the Narratives of Antigay Assailants », in Herek, Gregory M. (editor) Stigma and Sexual Orientation – Understanding Prejudice Against Lesbians, Gay Men, and Bisexuals, Psychological Perspectives on Lesbian and Gay Issues, Vol. 4, Sage Publications: Thousand Oaks.  pp. 1-23.

 

Harris, Mary B. (editor) (1997) School Experiences of Gay and Lesbian Youth, Harrington Park Press, NY.

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JEUNES, HOMOSEXUALITÉ ET ÉCOLE

L'intimidation en milieu scolaire n'est pas un phénomène nouveau. Son étude, en revanche, l'est. L'impact de cette intimidation sur les jeunes est pourtant dramatique. Au nombre des victimes, les élèves qui présentent une «différence» et qui sont, à un moment ou l'autre, étiquetés de «fif», «tapette» ou «gouine». Ces termes, utilisés pour humilier et condamner la victime, et qui laissent souvent des séquelles même pendant la vie adulte, portent atteinte à l'individu à travers son orientation sexuelle, quelle qu'elle soit.

Jeunes, homosexualité et écoles - Enquête exploratoire sur l'homophobie dans les milieux jeunesse de Québec, propose un tour d'horizon du phénomène d'intimidation à caractère sexuel dans les écoles de Québec. À travers l'analyse d'un questionnaire distribué par les bénévoles du GRIS-Québec auprès de plus de 2000 jeunes de la région de Québec et de rencontres avec le corps enseignant, le sociologue Alain A. Grenier trace un portrait du phénomène de l'homophobie en milieu scolaire.

L'étude révèle notamment l'omniprésence de l'homophobie chez les jeunes du niveau secondaire mais permet de mieux comprendre comment cette forme de discrimination régit les rapports sociaux de nos jeunes. L'enquête nous conduit ensuite du côté du personnel enseignant et autres intervenants scolaires afin de nous montrer comment les éducateurs et éducatrices réagissent devant l'ampleur de ce phénomène encore trop souvent sous estimé et qui continue de faire des ravages sur les bancs de nos écoles.

À travers les commentaires du personnel scolaire et des élèves, l'étude met en relief certaines situations propres au milieu scolaire tout en proposant des débuts de solutions pour aider à fournir à la jeunesse et à leurs guides, un espace sain ou grandir et s'épanouir, dans le droit à la différence.

Alain A. Grenier et GRIS-Québec, 2005, 137 pages.

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Voici un très bref résumé du rapport d'enquête.

qui nous permet de constater :

 

que d’avoir une orientation sexuelle vers les personnes de même sexe n’est pas sans risque dans les écoles secondaires puisque l’homosexualité constitue toujours une source importance de malaise et d’inconfort pour une vaste proportion des jeunes;                                                                           

 

 que l’homophobie, même si elle existe autant chez les garçons que chez les filles, s’exprime de façon plus manifeste par les garçons envers d’autres garçons;

 

 que le degré d’inconfort et de malaise avec l’homosexualité est présent chez les deux sexes, mais ne se manifeste pas de la même façon; chaque sexe étant enclin à un degré plus ou moins important d’inconfort lorsque confronté à une personne homosexuelle de son propre sexe (donc, fille vs fille; garçon vs garçon). Cela laisse entendre que la personne homosexuelle du sexe opposé, garçon ou fille, est plus facilement acceptée;

 

 que l’homophobie s’accroît et décroît selon l’espace physique qui sépare le sujet et la personne réputée homosexuelle (plus la distance est réduite, plus il y a malaise. Ex : classe vs sport impliquant des contacts);

 

 que l’homophobie s’accroît et décroît selon l’intensité du lien affectif entre le sujet et la personne réputée homosexuelle (plus la personne est proche affectivement, plus il y a malaise. Exemple : connaissance vs frère ou soeur);

 

 que l’homosexualité n’est ni un modèle social encouragé ni bien considéré par les jeunes consultés, ce qui illustre toute la problématique à laquelle sont confronté(e)s les adolescent(e)s qui se sentent des attirances homosexuelles;

 

 que le malaise face à la question de l’homosexualité, identifié clairement chez une vaste proportion des 2101 élèves interrogé(e)s, démontre que la question de l’homophobie n’est pas encore réglée, ni dans les écoles ni dans la société.

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Dernière mise à jour : le 15 avril 2006